Harcèlement de rue : la main, du cul à la gueule !

« Hé ! Viande à viol ! » ça se passe rue de Strasbourg, en pleine journée. Laura, 26 ans se promène, un lascar la bouscule, l’invective. Dans la rue personne ne bronche. Une journée ordinaire avec sa déferlante d’injures…
Rentrée chez elle, Laura choquée se pose la question sur la longueur de son short : « une question qu’on ne devrait pourtant jamais se poser ».
L’espace nantais serait-il devenu une jungle où les femmes sont les proies des prédateurs à l’affût ? Réflexions, interpellations, insultes, ou agressions physiques, les femmes sont confrontées aux harcèlements de rue, quotidiennement.
Cécile en connaît un rayon : « tu marches dans la rue, tu ne demandes rien, et voilà que « ça » commence par, eh mademoiselle, ou charmante, je peux te raccompagner en voiture, t’as un numéro… » et puis vient le « non » déclencheur d’insultes.
En discutant autour d’elles, Laura et Cécile constatent que de nombreuses nantaises sont confrontées
« à ce genre d’histoires ».
L’agression banalisée n’est plus reconnue comme une agression, d’autant comme le confie Cécile :
« on la subit très jeune dès l’adolescence. C’est un peu ancré en se disant que c’est comme ça, il n’y a pas de violences physiques alors ce n’est pas grave. Mais c’est grave ! »
Faut-il alors que les femmes rasent les murs, baissent la tête lorsqu’elles croisent un groupe de mecs, ou tirent sur leurs jupes pour gagner quelques millimètres pseudo-protecteurs ? Et à la tombée de la nuit, doivent-elles se cloîtrer dans leur appartement ? «Si tu n’es pas entourée d’amis, c’est invivable ! » Amères expériences de soirées vécues au quartier Bouffay, ou sur la place du Commerce.
Un collectif de neuf jeunes femmes, victimes de ces déviances, décident de démonter cet aphorisme : « le harcèlement de rue est une forme de déshumanisation. J’ai le droit de ne pas répondre. Et je n’ai pas à te dire merci… »
Créée en mai 2014, l’association Colère nom féminin fait tapage avec son slogan choc :
« Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule ».
Une formule qui se veut : « à l’image de ce que les femmes subissent et qui répond à une action ».
Quelques mois d’existence, et quatorze mille fans s’invitent sur leur page Facebook, avec une accroche : « Parce qu’il n’est pas normal d’avoir peur de marcher dans la rue ».
À l’initiative de Laura, et dessinés par Cécile, débardeurs et sacs sont mis en vente : « il nous fallait un support que l’on porte sur nous et qui amène une réponse ».
Sur le dos, s’affiche la sentence dissuadante : « c’est souvent quand on a le dos tourné que surgissent les réflexions ».
En France, 75 000 femmes sont violées chaque année. Quid du harcèlement verbal ?
http://colerenomfeminin.bigcartel.com

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