Qui n’a jamais été interpellé par une affiche ou un slogan publicitaire ? La pub s’engouffre dans notre quotidien. Selon une étude menée par Arnaud Pêtre, chercheur en neuromarketing *, nous serions confrontés à 15 000 stimuli commerciaux par jour.Quid de la pub véhiculant des représentations d’objectivation sexuelle des femmes ?
Une grande enseigne de prêt-à-porter hypnotise le consommateur avec un slogan percutant.
En vitrine, dans un décor de tapisserie florale, s’affiche la nouvelle égérie de la marque, vêtue de dessous affriolants. Plus bas, apparaît en lettres noires, illuminées :
« Le modèle parfait »

Sur les trottoirs avoisinants, les regards s’attardent sur la vitrine enjôleuse : « les habits, ça m’intéresse pas, je vais pas les porter. Moi, c’est la meuf qui m’intéresse » avoue, les testostérones en émoi, Edo 16 ans.
Tandis que la figure surplombe la rue, telle la déesse Niké sur la proue d’un navire antique, un trio de jeunes filles, baguenaudant, en perd la tête : « le modèle parfait, c’est pas pour nous, on n’a pas les mensurations du mannequin » souffle dépitée l’une d’elles, : « c’est toujours les mêmes images, il y a un décalage avec la réalité ! »
Mais qu’entend-on par modèle ?

Pour certains, il s’agirait : « des sous-vêtements », mais pour la plupart, il s’agit bien d’une épithète sibylline qui désignerait : « le mannequin et par conséquent la femme » comme l’explique désabusée Claudine 67 ans, peintre : « je regarde ça avec indifférence, j’en ai tellement vu que je suis moins réactive ».
La femme : objet de désir et non sujet ? Un stéréotype qui échauffe les sangs : « nous sommes dans une approche de la femme à consommer et l’accroche fait appel aux instincts primaires » analyse avec lucidité Jean-François, 66 ans.
Vient l’heure vespérale. Les grilles de la boutique s’abattent sur l’image sulfureuse. Deux têtes fleuries lorgnent l’allégorie embastillée :
« La formule est regrettable, à une époque où les femmes prennent place dans la société » énoncent gravement Geneviève et Janine, 70 ans.
Quant à Sophie, cadre, elle dénonce : « une publicité réductrice. Les femmes sont vues avec un balai, des gosses ou objet de désir… C’est connu, nous n’avons pas de cerveau ! » lance-t-elle avec humour « normes métriques, retouche photo, éloge du jeunisme. Voilà l’humain dans sa réduction commerciale. C’est aussi un phénomène de société. On s’attache à la vitrine comme aux séries de téléréalité, en oubliant le principal : l’humain ! »
Alors sommes- nous face à une caricature enfermant les genres ?
« Ca pose question, alors que le projet du genre fait débat dans notre société ! » s’étonne Lola du haut de ses 20 ans, « une femme doit-elle accepter son conditionnement et sa condition, tel que le marketing l’a établi ?
Au final, les femmes pensent que c’est la vie réelle, et tendent vers cette image…. Le pire c’est que les hommes pensent qu’il s’agit bien là, du modèle parfait… à s’approprier ».
Le modèle, la femme, objet, sujet… ? Rassurons-nous, comme le titrait Anne-Sophie Girard : La femme parfaite est une connasse !

*http://www.etopia.be

Dénicheuse de sujets exceptionnels ! Journaliste et photographe

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