Les jeunes Yamakasi défient les lois de la pesanteur

Ils intriguent les passants médusés, les inquiètent parfois, par leurs cabrioles périlleuses, leurs sauts vertigineux, leurs escalades fantasques, leur énergie débordante…

Imaginez, des bipèdes se déplacer sur leurs mains, s’accrocher aux parois des murs, des lampadaires, délaissant les trottoirs ou les chemins balisés.
Ce sont des adeptes de l’Art du déplacement (ADD) discipline connue aussi par le film : Yamakasi, d’Ariel Zeitoun.

Il est 19 h, un soir ordinaire, pour une pratique sensationnelle. Vingt-cinq initiés ont jeté leur dévolu sur la place des Lavandières, face à l’arrêt de tram Poitou. Ils ont entre 12 et 18 ans, et sont encadrés par Théo, éducateur pour l’association, Art du déplacement académie Nantes, créée en 2012.

La ville est devenue un terrain de jeux à l’envers. Face aux voies de tram, les consignes sont réitérées : « la part du danger est limitée par la connaissance de soi et de son corps. Il n’y a pas de prises de risques inconsidérées, les mouvements sont précis et calculés » rassure Théo qui dénonce le phénomène des vidéos sur Internet : « ici, la pratique se fait essentiellement au sol, et non pas d’un immeuble à un autre ! »

Perché sur un muret, un débutant interroge : « tu crois que je pourrais le faire moi aussi ? J’ai peur ». La discipline est issue du Lingala qui signifie un esprit fort : « elle permet de se confronter à sa peur et d’appréhender le vide ». La mixité est de mise avec une attention pour chacun « Yamakasi est une famille qui se soucie des uns et des autres, nous ne sommes pas là pour faire de la compétition ! »

La vie de groupe, le déplacement, comme une transhumance primitive ? « c’est revenir à la démarche ancestrale qui utilise les mains et les pieds pour se déplacer, sortir des codes grâce à une liberté de style de vie. »

Un dogme qui fait écho, auprès de Jules, Pierre-Lou et Capucine, amateurs : « nous aimons cette liberté de grimper partout ! On travaille les bases de l’équilibre, il faut aussi savoir être silencieux pour ne pas déranger les riverains, savoir être fluide… »

Les riverains ? « Nantes est une ville assez sensible à cette pratique, cependant, il faut parfois expliquer aux passants que nous ne sommes pas des délinquants ! » s’indigne Mathis, 16 ans : Yamakasi-web-2

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