Dinu Vancea Andrei ou les affres d’un artiste de rue

Coiffé de son haut-de-forme et toujours élégant, Dinu Vancea Andrei fait valser les notes de son violon dans les rues de Nantes. Frappé d’ostracisme par certains, il dénonce la condition des artistes de rue.

Dinu Vancea Andrei, violoniste de rue, est un personnage à la Dickens, poussé par le vent de sa Roumanie natale : une vie faite d’errances, qui souhaiterait s’ancrer sur le port de Nantes. Hélas ! à la cité des Ducs, les ménestrels ne sont pas rois !

Installé depuis 10 ans à Nantes, l’artiste est identifié grâce à son élégance vestimentaire, son haut-de-forme noir, et ses ballades joyeuses comme Minor Swing ou Inspecteur Gadget… Pourtant, le gai pinson fait triste mine : « moi, travaille avec la musique ! » lance-t-il dans un français hésitant.

Troubadour ou trouble-fête ?

Si l’artiste séduit le jeune public et des parents, une enseigne de prêt-à-porter haut de gamme n’apprécie guère les siennes… de musique ! Et à défaut d’autographes à signer, l’artiste, de 64 ans, se voit contraint de payer des amendes pour :  troubles à l’ordre public.

Pour le violoniste qui peine à vivre dignement de sa musique, les pénalités sont lourdes :
« 68 € ! Un couteau dans la gorge ». Une injustice,  car selon lui, : « les enfants aiment ma musique et beaucoup de gens parlent avec moi ! » Dinu Vancea Andrei est pour certains un vecteur de joie. Du Passage Pommeraye à la rue de la Marne (Decré) ses airs sont emportés comme en écho par les flâneurs.

Cette artère commerçante attire la foule et les artistes éphémères ou coutumiers comme : l’accordéoniste et son instrument désarticulé qui tangue sur Mon amant de Saint Jean, les sons tribaux sortis d’un phénoménal didgeridoo, la queue d’un piano posée sur le pavé, les accords d’une guitare sèche ou électrique, amplifiés par une sono de fortune, ou encore une jeune chanteuse a cappella…

Parfois, l’art se fait singulier ; sous les pastels d’un génie, le granit breton de la place Royale se colore de portraits de célébrités, ou de messages calligraphiés à la poudre de café… une façon de prédire l’avenir ?

Quel avenir pour les artistes de rue ?

L’été s’en est allé, la bise est venue, nos comparses sont toujours là, dans les rigueurs de l’hiver, abrités sous une porte cochère, l’auvent d’une boutique ou le providentiel préau des Galeries Lafayette. Ils sont là ! Les doigts engourdis, le visage congestionné, le sourire gelé, captant le regard des passants qui glisse sur ces ombres noyées dans le bitume urbain.
Pourtant, leur musique, leur art égayent notre morosité hivernale, contribue à l’émerveillement à l’approche de Noël, et l’été, nous portent à la rêverie, installés béatement sur les terrasses baignées de soleil… Des fragments de bonheur qui offrent à cette belle cité ducale, une âme d’antan.

Alors quel avenir pour les artistes de rue qui le jour déclinant, comptent les piécettes jetées au fond d’un gobelet ou l’étui d’un instrument que le perdreau taxera sur des jérémiades isolées ?

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