Au Congo, Denis Mukwege, Dr en gynécologie, dénonce à travers le monde, les violences faites aux femmes : viols, massacres, mutilations. Projection à Nantes, en avant-première, du film  L’homme qui répare les femmes,  réalisé par Thierry Michel ( Prix Sakharov 2014),  avec la présence du médecin et de Julie Gayet, marraine du Front pour la santé des femmes.

« Dans la zone de conflit les batailles se passent sur les corps de femmes. Blessées, leur coeur brisé, leur esprit avait besoin d’être guéri, consolé et réparé. »

Dès les premières images, l’horreur s’engouffre dans les esprits.
Il pleut sur  la province Sud-Kivu,il pleure des larmes torrentielles, des larmes d’abominations. Vingt années de déchirement, de guerres sur le ventre des femmes et des plus démunis.

« je ne sais pas ce qu’ils ont détruit, si c’est une plaie ou le sida… ma poitrine me fait mal et mes hanches aussi » en pleine figure, l’effroyable témoignage d’une fillette, qui aurait pu, dans une autre vie, être une écolière, mais dans la république Démocratique du Congo, cette gamine, revient des champs  lorsque deux soldats…. « je voudrais qu’ils partent, qu’ils souffrent comme moi ! »

A l ‘Hôpital de Panzi, qu’il a créé, dans le Sud-Kivu, le gynécologue soigne gratuitement et panse l’âme de ces enfants et de ces femmes depuis quinze ans. Certaines ne seront jamais des femmes, « les violences sexuelles commises avec une extrême cruauté, les privent de toute possibilité de procréation.  Les conséquences de tous ces viols vont porter sur des générations, avec la transmission du VIH, les dégâts irrémédiables sur le plan psychologique.»

Le viol, une arme de guerre. Elle  détruit la cellule familiale, génère le déplacement des populations, la paupérisation des communautés… « Le viol n’est pas assimilé au rapport sexuel, il est une arme de destruction. »

Les victimes sont exclues de leur famille,  rejetées par la société, leur  mari …« J’ai tout perdu, ma virginité, ma réputation, je ne vais plus à l’école » confie effondrée, l’une des adolescentes.

L’impunité des criminels

Une réalité lugubre,   où l’omerta est de rigueur.  La corruption de la société, fait, que les auteurs de ces crimes sont rarement poursuivis,  et par peur de représailles, la population se tait.

L’homme qui répare les femmes  est un documentaire sans concession, cependant,  sans  voyeurisme morbide. Les témoignages sont d’une profonde émotion, avec  des reliefs  de croyances primitives,   « ils pensent qu’en s’emparant des vierges, ils seront plus forts »  qui justifient des crimes odieux sur de jeunes enfants. Le viol est banalisé, les enfants issus de ces viols sont eux-mêmes … abusés !

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Denis Mukwege est aux côtés du réalisateur Thierry Michel et de Julie Gayet.

Projection du film au Congo

Devant le tollé international,  la censure du film  qui « salit l’image de l’armée » a été levée à Kinshasa, capitale du Congo : « Nous venons d’apprendre que le film « L’homme qui répare les femmes – La colère d’Hippocrate » est désormais autorisé en République Démocratique du Congo … » annonce Denis Mukewege. Sa diffusion est envisagée en janvier 2016.

 

Dénicheuse de sujets exceptionnels ! Journaliste et photographe

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