paru sur le journal Ouest-France le 10 décembre 2015

Au lendemain des élections régionales, le choc ! Le Front National arrive en tête dans six régions de France.

Ce matin,  je ne veux plus me lever, je veux rester terrée dans ce lit défait, défaits, comme ma confiance, mes espoirs, notre  amitié … Là, au seuil de nos portes tambourinent les bottes de la haine. Vois mon ami, ce qu’en tant de siècles nous avons construit, et, en un jour détruit !

Il n’a pas suffi, ce sophisme de 2002, qui a blessé Marianne. La bête est revenue, décomplexée et ravageuse, s’infiltrant dans chaque coin de nos rues. Cette prescience de la montée en puissance du fascisme.

Te souviens-tu mon ami, lorsque scandalisée, je t’ai montré cet autocollant raciste, collé au vu et au su de tous, sur le pare-brise d’une voiture ? Tu m’as dit alors, que c’était l’acte isolé d’un con ! Et toutes les autres fois, où, à coup de titrailles médiatiques, de posts xénophobes sur les réseaux sociaux,  de publications  de torchons d’écrivains foireux, nous assistions passivement à l’ostracisme de nos semblables ?Que m’as-tu dis alors ? Que l’expression est l’apanage de la République !

Que dis-tu aujourd’hui , tandis que les urnes, ont révélé la monstruosité qui grandit au sein de notre République ? Douce République, si jeune encore, et, te voilà souillée !

Regarde mon ami, ne sois pas aveugle,  et toi, ma République, auprès de qui,  j’ai allaité et baptisé sur ton drapé tricolore, mes enfants,  pour qu’ils grandissent dans la lumière des philosophes et de la liberté.  Qu’adviendra-t-il d’eux,  Français du sol et du sang, quand leur peau  raconte une autre essence ?

 Ce matin, c’est l’écoeurement, j’attends près du téléphone que tu m’appelles, mais, tu te tais, toi aussi, mon ami, abasourdi !  Que dire face au choc ! La France et certains Français ont fait le choix de l’obscurantisme.

Ce matin, je me tais, je ne regarde plus l’écran, je n’ai pas ouvert les pages des journaux… Vois-tu ce matin, j’ai peur ! J’ai peur, car je ne sais plus qui je suis ? Qui tu es ?

Cette répugnance  conforte mes craintes,  je n’oserai plus chercher ma baguette sans me demander si, ce mec  agacé n’est pas un croisé décomplexé, ou de commander mon pinard chez Louis, parce qu’un bêta Fhaineux me renverra  à mon étiquette dermique.

Mon ami, ton  silence est une offense ! Où étais-tu, lorsque la marche Fhaineuse s’est mise en branle dans les campagnes et les villes de nos régions ? Vois du Nord au Sud jusqu’à l’Est , la malignité grossit comme un cancer dans notre France.

Où étais-tu mon ami, toi qui défiles pour  défendre le climat, manifestes contre l’exclusion des démunis,  qui t’indignes devant les attentats ignobles,  qui te presses à la messe, et reçois l’hostie, où étais-tu, toi qui crois aux valeurs de tolérance, d’humanité et de fraternité ?  


Te tairas-tu de nouveau dimanche prochain, parce que  nos politicards sont décevants?  Leurs manigances carriéristes à vomir ? Leur incompétence avérée, Leurs dissensions et leurs accusations mutuelles insupportables ?

Me laisseras-tu mon ami, alors que ta voix, en ces temps troubles, est un sémaphore pour la survie de la République et de sa riche composante ?

Dénicheuse de sujets exceptionnels ! Journaliste et photographe

One Comment on “Lettre à un ami Français

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