Les oubliés du dimanche

A Nantes, comme l’an passé, les boutiques du centre-ville sont autorisées à ouvrir les deux dimanches précédant Noël.

Qu’avez-vous fait cet après-midi ? Avez-vous cédé à l’appel des guirlandes et autres loupiotes racoleuses du centre-ville ?

Platon assurait que « ce ne sont pas les murs qui font la cité mais les hommes »

Au vu de la masse des flâneurs qui errait dans le centre-ville trouvant là une aubaine pour noyer  leur désœuvrement, il semblerait plus adéquat de rectifier la citation par : ce ne sont pas les hommes qui font la cité mais le business !

Petit tour d’horizon, de la rue Crébillon en passant par le passage Pommeraye, engorgé par la foule, jusqu’au temple des Galeries Lafayette… No surprise ! En poussette, ou sur le dos de papa,  les chiens en laisse, le bonnet de rigueur, la moumoute ou la doudoune bien ajustée, les badauds arpentent les rues éclairées par les vitrines aguicheuses.

Ah ! La sacrée promenade dominicale, où l’on s’agglutine devant l’autel du consumérisme ! Tant pis pour la visite chez mère-grand, ou le grand-oncle Pierre, la virée entre potes, le gigot de belle-maman, la balade au parc avec les moutards, bref… Entretenir les liens d’amour et d’amitié, le seul jour de congé.   Quant à dimanche prochain, rebelote, restent  les autres dimanches de l’année… À moins que d’ici là, cela ne devienne une institution !

Vous me trouvez excessive ? Bon alors je nuance… Rue d’Orléans, une luxueuse boutique de joaillerie ; il faut montrer patte blanche pour y entrer. D’abord passer le sas, sous l’œil des caméras, puis l’armada des agents de surveillance et enfin la vendeuse. Ça brille, ça étincelle, de l’or, des diamants qui aiguisent les fantasmes, le désir… les frustrations. On envierait presque la boutiquière-sandwich, affublée de breloques.

Sauf que… Le top-modèle préférerait être à la nôtre, de place « On joue le jeu » dit-elle la moue dépitée « c’est sûr on serait mieux en famille »  et d’ajouter, l’œil rivé sur sa montre Herbelin, en bracelet cuir : « ouvrir une bijouterie le dimanche, stratégiquement ce n’est pas rentable, les clients sont habitués à venir les autres jours de la semaine ! »

Même son de cloche rue Crébillon, dans une boutique de chaussures  : « les gens flânent par curiosité, mais n’achètent pas. C’est le samedi que c’est le plus virulent » confie la poupée qui dit : bonjour, merci, au revoir, et qui voudrait dire « NON, NON, NON ! » mais qui malgré tout, a collé sur sa face le sourire de circonstance  : « le 1er dimanche c’est très calme, dimanche prochain les retardataires se réveilleront …»

L’expérimentation mise en place depuis l’an dernier, à Nantes n’est pas probante : « on n’a pas assez de recul pour se positionner ».

En clair  ?  Ce n’est pas encore inscrit dans les habitudes des consommateurs… Mais que l’on rassure ça viendra bien vite… Si tant est qu’il ait un pouvoir d’achat !

Dans les boutiques, c’est le désert, les commerçants attendent les bras croisés sur le comptoir, quelques entrées et sorties rompent la monotonie, peu d’achats, rares paquets aux mains des passants… La frénésie escomptée n’est pas au rendez-vous… Et mère-grand qui s’inquiète de ne pas voir ses petits loupiots au goûter de 4 heures…

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