Article paru sur le magazine Le  Nantais Métropolitain

 

Il est un personnage qui se fait fi des frontières, sans passeport, ni visa, le globe-trotter à la barbe fleuries’emmitoufle dans son grand manteau rouge, et quand vient la sainte nuit du 24 décembre, traverse le monde au son des grelots.

Légende urbaine ou tradition séculaire ?

D’où vient ce bonhomme au capuchon pointu ?

Si toutes les routes mènent à Rome, itou du Père Noël : route du Paradis, chemin des Nuages, rue des Enfants sages, au Pôle Nord, au Canada ou à Libourne… Le cachottier sème ses galets blancs à tous vents.

Au pifomètre, nous avons emprunté, non pas les bancs enneigés de la Laponie mais ceux des Etats-Unis.

N ’en déplaise aux esprits chagrins, notre ami joufflu n’émane pas d’une fumisterie gazéifiée d’une marque de boisson américaine !

C’est au pasteur Clément Clarke Moore et à son conte de Noël A visit from Saint Nicholas écrit en 1821, que l’on doit ce personnage jovial et rondouillard qui sillonne la planète avec ses amis les huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringuant, Comète, Cupidon, Eclair et Tonnerre).

Quelques années plus tard, Charles Dickens offre à l’illustre voyageur un retentissement international avec son recueil Contes de Noël. Enfin,  sous la palette du caricaturiste, Thomas Nast,   le Père Noël prend figure dans le journal illustré Harper’s Weekly.

L’art du camouflage

Le Père Noël serait-il un conte urbain à dormir debout ?

Pas si sûr, car notre ami, outre ses cadeaux par milliers, à plus d’un tour dans son sac et sait manier habilement l’art du camouflage.

Quid de son nom ? Santa Claus, Sinterklaas (en Néerlandais) ou Saint Nicolas ? C’est sans doute, ce Saint qui a alimenté la légende du Père Noël.

Ainsi, au Moyen Âge,  la fête de saint Nicolas, évêque de Myre (IIIe siècle) était célébrée le 6 décembre.  Ce saint est connu pour ses miracles envers les opprimés et  sa générosité qui se traduisaient sous la forme de cadeaux offerts aux enfants.

Encore, un dernier tour de manivelle dans notre machine à voyager, et nous voici arrivés devant…l’étable de l’enfant Jésus !

Et si, initialement, le Père Noël était … un Roi mage venu révérer la naissance du divin enfant ?

Père Noël : un culte à dénoncer ?

Faire croire au Père Noël à ses enfants, une évidence pour tous  ?

Que nenni à en juger des réactions de parents « anti-Père Noël ». En ligne de mire ? plusieurs raisons sont pointées : celles  morales, des croyances religieuses différentes, le refus du consumérisme…  Le psychologue Stéphane Barbery (réf. Cerveau & Psycho) abonde dans ce sens à contre courant :

«Remettre en cause un personnage aussi sympathique, ce n’est pas nécessairement faire partie des rabat-joie aigris par l’esprit de sérieux, ni des hypocrites se délectant de dramatisation artificielle.»

Et pour ceux qui aliment ce bobard magique ?

«Oh le bébé ! Il croit encore au Père Noël ! »

Les biscottos gonflés, la moquerie au bord des lèvres, la tromperie est souvent révélée par un camarade ou un grand de la fratrie à l’entrée des premières classes de l’élémentaire. Une transition  de la petite enfance (douloureuse pour certains) qui permet de rejoindre le groupe des initiés.

Et si mentir était salutaire ?

À cette question, délicate, ainsi répondait, la pédiatre et psychanalyste, Françoise Dolto :

« Bien sûr que les enfants ne croient plus à l’existence biologique du Père Noël, et cela dès trois ans, mais qu’est-ce que ça change ? De même qu’à quatre ans ils savent que le soleil ne se lève ni se couche et pourtant aime à le voir faire cela, autant que bien des adultes. »

Ces mensonges véniels pourraient renforcer les liens d’amour et d’amitié nécessaires aux  relations sociales. Certains pédopsychiatres affirment qu’ils seraient propices à l’éveil de l’enfant, à l’instar des légendes de fées et de dragons qui nourrissent l’imaginaire.

Le Père Noël serait un bobard magique qui permettrait la construction chez l’enfant,  et pourquoi pas un détachement ombilical vers son autonomie, tout en  l’éveillant à sa conscience morale.

Le dogme du Père Noël dépasse le cercle familial, c’est une affaire sociétale et… commerciale.  Depuis 1962, un secrétariat du Père Noël répond aux chérubins de toute la France. Aujourd’hui, plus d’un million de lettres sont acheminées vers Libourne où elles sont examinées par une soixantaine de petits lutins.

Quoiqu’il en soit, je  vous souhaite de belles fêtes de fin d’année !

Samira

 

 

Dénicheuse de sujets exceptionnels ! Journaliste et photographe

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