Le henné, un atout beauté contre le cancer

Paru sur le journal Ouest-France 

Perdre ses cheveux à la suite de traitements anticancéreux, c’est la crainte de nombreux malades. L’alopécie révèle à tous, la lutte du patient contre la maladie. Le tatouage au henné permet de surmonter cette étape difficile, en particulier chez les femmes qui se sentent dépossédées de leur féminité.

Le henné naturel, esthétique et artistique peut être une alternative aux prothèses capillaires, bonnets de chimio et autres foulards, synonymes de l’épreuve. Cet onguent de beauté a prouvé ses vertus auprès des cancéreux au Canada. Depuis, cette méthode essaime ailleurs. En France, l’engouement est balbutiant, lié à la méconnaissance de la pratique souvent associée à des rites culturels. Pourtant cette substance ancestrale offrant une palette de teintes variant du rouge profond à l’orange doré, a séduit des célébrités telles que  Madonna et  Rihanna. Appliquée sur la peau comme un tatouage éphémère, elle exige une dextérité professionnelle et permet une variété de style et d’ornement.

Orlane et Sandrine.jpg

À Nantes, Orlane Pulet, pratique l’art du tatouage au henné naturel depuis plusieurs années. Elle souhaite collaborer avec les institutions médicales pour faire connaître aux patients les bienfaits de ce remède médicinal qui protège et assouplit le derme. Pour la seconde fois, elle reçoit Sandrine atteinte du cancer : « j’ai refusé toutes les perruques, tous les bandeaux, parce ça vous rend malade, ça vous fait une tête de malade, on sait que vous avez perdu vos cheveux, on sait que vous avez fait de la chimio… »

En mars 2015, Sandrine se sait malade, il lui faudra plusieurs mois pour se soigner : « à cause de mes cheveux. C’était inimaginable de perdre mes cheveux » se souvient-elle. Traitée d’abord pour un cancer du poumon, Sandrine entame les traitements de chimiothérapie : « J’ai été irradiée durant dix séances sur le devant et l’arrière de la tête… Et j’ai perdu mes cheveux. »

C’est la panique, puis la prostration : « j’ai passé 3 jours d’enfer. J’étais allongée par terre à me dire que j’allais me foutre en l’air » raconte-telle « c’est arrivé un week-end. Les perruquiers étaient fermés, je ne savais pas si je devais me raser la tête ou pas, J’ai finalement collé mes cheveux avec du spray. »

Le cheveu symbole de séduction, n’est pas l’apanage des femmes, pour les hommes aussi, la chute capillaire peut devenir un véritable handicap esthétique. Le henné pourrait alors être une solution pour redonner le sourire. Avec l’assentiment de son médecin, Sandrine tente l’expérience. « Il n’y a pas de contradiction avec le traitement de chimio, car j’utilise uniquement du henné pur auquel j’ajoute des huiles essentielles » précise la praticienne : « il faut être vigilante car tous les hennés ne sont pas naturels. »

tatouage fini

Pour ce second rendez-vous, Sandrine a choisi un motif qui habille la nuque avec un délicat mouvement sur la poitrine comme pour compenser l’absence. La main sûre, Orlane dessine sur le crâne, des arabesques, rosaces, et couronnes d’ornements. Le cataplasme rafraîchit la peau irradiée. C’est aussi, un moment propice à l’échange : « on ne pas parle pas que de la maladie » ; « Je n’avais pas d’angoisse vis-à-vis de la maladie, je voulais surtout qu’elle soit satisfaite du résultat et que cela lui redonne le sourire ! »

Sandrine sourire .jpg

Sourire et confiance pour rompre l’isolement, car : « la maladie nous cloisonne, malgré notre entourage. Je sortais uniquement pour faire mes courses » avoue Sandrine, « maintenant, je peux me permettre d’aller faire les soldes ! »

Grâce à cette parure artistique, Sandrine retrouve le sourire et se projette dans la vie : « on marie notre belle-fille en septembre, c’est important pour moi. ».

Tatouages Henna Hamanour-Nantes 06 49 54 73 14

Un acte positif dans la relation au corps

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Rencontre avec le Pr Jaafar BENNOUNA, responsable des Services d’Oncologie médicale ICO Paul Papin et René Gauducheau.

 » C’est une possibilité d’ouvrir une nouvelle porte esthétique pour les patients recevant une radiothérapie avec éventuellement une perte de cheveux. C’est une ouverture extrêmement positive et volontaire du patient dans la relation qu’il peut avoir avec leur corps et dans la difficulté que cela peut impliquer. C’est en cela que cet acte est positif. Dans un centre tel que le nôtre, nous parlons de médecine personnalisée qui prend en charge le patient dans sa globalité. Cela inclut bien sûr les traitements contre la maladie avec des thérapeutiques de précision. Pour cette patiente, ce sera le henné et pour une autre il s’agira d’autre chose ou rien. Quoi qu’il en soit, l’idéal serait d’en discuter en amont avec son médecin. »

 

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