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« J’ai simplement envie de dire la vérité sur ce qui s’est passé, je ne suis pas dans une forme de ressentiments ou de cracher sur les uns ou les autres ! »

De retour à Nantes, après une cavale de 8.000 km depuis Irkoutsk en Sibérie pour échapper à la justice russe. Yoann Barbereau ex directeur d’Alliance française raconte ses tribulations à peine croyables en Russie.  Un récit digne des aventures de Tintin au pays des Soviets ou d’un film d’espionnage à la James Bond.

« J’ai été reçu au quai d’Orsay, je leur ai parlé de mes entretiens avec l’équivalent de DGSI en Russie , je leur ai dit aussi que j’étais aussi disponible pour les autorités françaises si par hasard cela les intéressait  de tirer quelque chose de mon expérience ! »

L’affaire remonte en février 2015, Yoann Barbereau est arrêté par la police russe qui lui reproche des actes à caractère sexuel sur sa  fille alors âgée de 5 ans. Il démentira farouchement prétextant qu’il s’agit d’un complot commandité, « un Kompromat », un dossier constitué de preuves fabriquées et de photos volées grâce à un piratage de son ordinateur.

« Ce n’est pas un coup de Poutine ! » Selon lui, il s’agirait d’un coup monté par le FSB : « au moment où je suis arrêté,  on est en pleine crise ukrainienne, il y a un sentiment anti-européen très fort… ça joue dans la mentalité des gens sur place et de ces espèces de pouvoirs occultes donc du FSB local qui m’a dans leur ligne de mire. Nous sommes dix européens dans la ville… Je sais que je suis surveillé ! »

En phase de divorce avec son épouse russe, pour lui : «il est évident que ceux qui ont monté le coup connaissait très bien notre situation personnelle, ils se sont dit c’est le moment de l’accuser car il va être lâché par sa femme ».  Menacée, sa femme signe des aveux qui l’accusent  avant de  se rétracter.

Il est incarcéré durant 71 jours, puis interné en hôpital psychiatrique, violenté, et enfin assigné à résidence sous bracelet électronique durant plusieurs mois. En septembre 2016, à la faveur d’un relâchement de surveillance, il s’enfuit.

 

Il raconte sa cavale avec beaucoup d’amertume. Alors qu’il arrive sous une fausse identité à Moscou grâce au site de covoiturage Blablacar, il contacte l’ambassade de France par le biais une application cryptée et demande asile à L’ambassadeur, Jean-Maurice Ripert.

Au bout d’un quart d’heure dans les lieux, sa présence est signalée au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui aussitôt s’empresse d’avertir son homologue russe. Pour Yoann Barbereau  pas de doute c’est un signe de «lâcheté»  et de «faiblesse» de la part de la diplomatie française.

Dès les premiers jours Yoann Barbereau croit à son exfiltration, mais rien ne bouge, malgré la venue de deux agents de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Les élections présidentielles françaises passent  et retardent les négociations de retour en France de l’ex directeur d’Alliance française.

Dans l’amphithéâtre bondé, c’est un homme harassé qui tente de répondre aux questions du public et des journalistes, soutenu par son avocat, Olivier Arnod, et de Thierry Guidet, président du comité de soutien.  1h 30 de questions, de soupçons, de rumeurs, d’incompréhension…

Des zones d’ombre subsistent car Yoann Barbereau évite certaines questions sensibles.

Comment  a-t-il pu s’enfuir de Russie ? Etait-il un espion au service de la France ou un simple citoyen dans le collimateur du FSB ?  Son évasion de l’ambassade de France due selon lui,  « à une faille de sécurité » intrigue, tout comme l’aide providentielle d’un « ami russe », dont il protège l’anonymat,  les moyens utilisés dans sa fuite :une boussole, un GPS, un couteau…  ou encore sa traversée de la forêt peuplée d’ours, sa rencontre avec des loups…. le franchissement ultra-sécurisée de la frontière…  à pied,  sous la vigilance des chiens des gardes du FSB… Tout cela suscite certes de l’admiration… mais entachée de doutes et de suspcions, est-il un  barbouze ou un bouc émissaire malchanceux ?

Yoann Barbereau est condamné en Russie par contumace à 15 ans de camp.  Un mandat d’arrêt  international à son encontre est toujours en vigueur. Il entend  être blanchi des accusations qui lui sont portées,  et demande à la Russie d’annuler ce jugement «sans fondement» et ainsi pouvoir circuler librement :  «sa liberté de mouvement à l’étranger est entravée, il ne peut pas se déplacer dans les pays qui ont une justice expéditive ou qui sont sous influence russe.»  rappelle son avocat, Me Olivier Arnod.  Une plainte est envisagée contre les autorités russes pour le «piratage» de son ordinateur, les «violences» des policiers et «l’extorsion d’un million de roubles» lors de son séjour à l’hôpital psychiatrique.   Côté France, Yoann Barbereau espère rencontrer au plus vite le chef de l’Etat, Emmanuel Macron. Une demande d’indemnisation, sur la base d’une «détention provisoire injustifiée», sera également soumise aux autorités françaises. Pour l’heur,  sa priorité est de reconstruire les liens avec sa fille Héloïse.

 

Dénicheuse de sujets exceptionnels ! Journaliste et photographe

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